Essayer un véhicule thermique de caractère en France relève aujourd’hui de la gageure, pour ne pas dire de l’acte de résistance. Avec le restylage de son Cupra Formentor VZ5, la marque espagnole remet sur le tapis son arme fatale : le mythique bloc 5 cylindres 2.5 TSI emprunté à l’univers Audi. Produit à seulement 4 000 exemplaires pour cette phase 2, ce SUV compact survitaminé a de quoi faire chavirer le cœur des puristes. Mais sur le marché français, la facture globale s’annonce tout bonnement stratosphérique, au point de frôler l’absurde.
En vidéo : essai Cupra Formentor VZ5 facelift 2026 (390 ch)
Un design encore plus acéré et exclusif
Visuellement, cette phase 2 marque sa différence par petites touches subtiles mais incisives. La face avant adopte un nouveau regard et des boucliers redessinés au profil « shark nose », tandis que la poupe intègre un diffuseur massif en carbone inspiré de la compétition, abritant les célèbres quatre sorties d’échappement ovales cuivrées.

À l’intérieur, l’ambiance sportive monte d’un cran avec la présence de superbes sièges baquets en carbone au maintien ferme mais visuellement spectaculaires. Côté aspects pratiques, le Cupra Formentor conserve son sens de l’accueil familial avec une habitabilité correcte à l’arrière pour trois enfants et un volume de coffre honorable oscillant entre 410 et 1 475 litres banquette rabattue, sans oublier le hayon électrique.

Une mécanique de feu et des prestations routières redoutables
Sous le capot, c’est l’apothéose. Le 5 cylindres développe toujours 390 ch (de 5 700 à 7 000 tr/min) pour un couple généreux de 480 Nm disponible dès 2 250 tr/min. Associé à la boîte à double embrayage DSG7 et à la transmission intégrale dotée d’un différentiel Torque Splitter (capable d’envoyer jusqu’à 50 % du couple sur une seule roue arrière), le comportement routier est chirurgical.
- Performances : Le 0 à 100 km/h est avalé en seulement 4,2 secondes, et la vitesse maximale passe désormais à 280 km/h sur cette version restylée débridée.
- Châssis : Rabaissé de 10 mm, posé sur des jantes de 20 pouces chaussées en 255/35 et freiné par des étriers Akebono à 6 pistons mordant des disques de 375 mm, le SUV encaisse les courbes avec une agilité bluffante, bien aidé par un amortissement piloté DCC réglable sur 15 niveaux.

Le grand point noir : Un prix plombé par une fiscalité confiscatoire
C’est là que le bât blesse, et sévèrement. Si le prix de base du véhicule s’établit autour de 66 000 € pour cette version restylée (contre environ 59 000 € pour les débuts de la génération), c’est la case des taxes qui achève l’addition.
Avec des émissions de 230 g/km de CO2, le monstre écope d’un malus écologique de 80 000 € en 2026, auquel s’ajoute le malus au poids (2 000 € pour ses 1 701 kg sur la balance). Résultat : la facture finale dépasse allègrement les 161 000 €, soit plus du double de la valeur de la voiture ! Dans ces conditions, les rares exemplaires écoulés en France relèvent de l’anomalie, la quasi-totalité des acheteurs optant pour une immatriculation à l’étranger (Espagne, Luxembourg, Allemagne) ou se tournant vers le marché de l’occasion en phase 1 (proposée entre 50 000 et 60 000 €).
(Petite consolation pour les réfractaires : l’astuce française de réduction du malus familial grâce au nombre d’enfants permet d’adoucir la pilule si vous avez une grande tribu…).

Bilan de l’essai : vers la fin !
En résumé, ce Cupra Formentor VZ5 Facelift est un véritable antidépresseur sur roues : attachant, surpuissant et doté d’un châssis d’exception qui sublime le mythique moteur 5 cylindres. Malheureusement, la politique fiscale française vient brutalement doucher l’enthousiasme, transformant ce coup de cœur automobile en un gouffre financier ubuesque. Un chef-d’œuvre thermique en sursis, à savourer (idéalement hors de nos frontières) tant qu’il en est encore temps. Amis belges et suisses, profitez-en de la plus belle façon.
On a aimé :
- Le look radicalement agressif et sportif
- La voix et le coffre du moteur 5 cylindres
- Un châssis ultra-affûté secondé par une excellente suspension pilotée
- Des performances de supercar logées dans un format polyvalent
On a moins aimé :
- Une boîte DSG7 parfois brusque ou hésitante en conduite intensive
- Des consommations élevées (comptez 10 l/100 km au mieux, et facilement 15 à 24 l/100 km en rythme dynamique pour une autonomie d’environ 400-500 km avec le réservoir de 55 litres)
- Une sonorité d’échappement un poil trop feutrée comparée à une Audi RS3
- Le coupe-gorge fiscal français (malus de 80 000 €) qui rend l’achat en France proprement indécent.







