Dure mission que de devoir séduire une nouvelle cible, c’est pourtant la tâche qui a été attribuée à l’Alfa Roméo Junior. Née d’une plateforme Stellantis, elle conjugue ses gênes esthétiques transalpins avec des solutions technologiques du groupe. Exercice difficile aussi pour les fans de la marque (dont je fais partie), que d’essayer cette nouvelle Junior sans chercher à comparer avec le passé. Cette Alfa Roméo bouscule les codes et cherche un nouveau public, saura t’elle trouver sa place sur un marché très concurrentiel et dans le cœur des Alfistes ?
Fiche technique de l’Alfa Roméo Junior Ibrida :
- Motorisation : 1,2L Turbo Essence, hybridation légère MHEV
- Boite : Auto 6 rapports
- Puissance : 145ch
- Dimensions : Long 4,17M / Larg 1,78m / Haut 1,54m
- Poids : 1305kg
- Coffre : 415L
- CO2 : 109g
Tarifs de l’Alfa Roméo Junior Ibrida 2025
- A partir de 30 250€
- Options :
- Peinture bleu Navigli 900€
- Jantes 18 pouces PETALI 780€
- Pack Techno 1500€ (Matrix Led, radars 360…)
- Pack Sport 2500€ (sièges Sabelt, finition alcantara, volant sport)
- Options :
Du style et une identité
Au premier regard ce petit SUV urbain est plutôt flatteur, assez ramassé, pas trop haut sur pattes, il a de bonnes proportions équilibrées. Sur la face avant, les codes de la marque sont bien présents, la calandre triangulaire qui termine un capot plongeant. La signature lumineuse fine est nouvelle et modernise bien l’ensemble, le rendant bien distinctif. La grande entrée d’air qui couvre la largeur du bouclier, accentue le côté dynamique et allège l’ensemble. Sur les flancs, le design sera plus sobre mais néanmoins travaillé, avec des passages de roues cernés de plastiques laqués noirs, et ses grandes jantes de 20 pouces au design rappelant les fameuses Télédial. Les poignées de portes arrières sont presque invisibles et la surface vitrée est fine, cela accentue ici aussi le côté sportif, à la manière d’un Range Rover Evoque. L’arrière est paré d’un large bandeau lumineux se terminant par deux arcs, à la manière des célèbres feux boomerang de la Maserati 3200 GT. Mélange d’éléments modernes et de nostalgie, l’ensemble ne manque pas de personnalité, et à côté de ses cousines Peugeot ou Opel, l’Alfa Roméo Junior fait très bonne figure, voire la plus jolie de toutes.
A bord, encore du style
Une autre bonne surprise est présente en ouvrant la portière, l’intérieur de la Junior est bien travaillé, et ne manque pas de touches de styles. Certes le plastique est omniprésent, mais beaucoup d’éléments sont finement travaillés, comme les buses d’aération rondes à l’ancienne, rétro-éclairées. La casquette de compteurs à double bossage est également un rappel à l’ADN d’Alfa Roméo. L’habitacle n’oublie cependant pas la modernité avec ses écrans led derrière le volant et au dessus de la console centrale. Quelques touches de piano black donnent un petit côté premium à l’ensemble, notamment sur le volant où le mélange des matières avec l’aluminium et le cuir est bien réussi. Sur les branches les différents boutons sont bien fonctionnels et permettent de régler les aides à la route et les info-divertissements sans quitter la route des yeux. La sellerie a des notes sportives avec ses sièges enveloppant et bien dessinés, la garniture mélange différentes couleurs noires et rouges. Spacieux à l’avant, le confort est très bon à ce niveau de gamme. Seul bémol à l’arrière avec une place limitée pour les grands adultes.
Sous le capot une mécanique du groupe
Il y a des mots qui font peur, alors je ne parlerai pas de Puretech ! Mais c’est bien son évolution fiabilisée (plus de courroie mais une chaine) le 3 cylindres 1,2 litres qui anime l’Ibrida. Ce petit bloc sera assisté d’une hybridation légère (moteur dans la transmission) et délivre au total 145ch. Avec son poids léger d’1,3 tonnes et sa boite automatique à 6 rapports, la motorisation, sur le papier, semble être suffisante pour animer l’ensemble, de la ville à l’autoroute. Au démarrage c’est le mode électrique qui s’enclenchera, et la bascule avec le thermique se fera automatiquement. Les différents modes de conduite DNA, privilégieront soit l’usage de l’électrique soit du thermique pour des sensations de conduites plus ou moins sportives. Premier constat, le petit 3 cylindres est sonore, on le perçoit bien dans l’habitacle, de fait, les passages en mode électriques et thermiques sont assez perceptibles. En ville la Junior est plutôt à l’aise avec son petit gabarit (4,17m x 1,78m) et sa position de conduite surélevée. Le confort de suspension est assez ferme mais reste très acceptable pour ce segment. La conduite sur autoroute est là encore un peu bruyante, mais la qualité de la sono et les différentes aides à la conduite vous feront passer un agréable voyage. En moyenne la consommation est assez élevée, 7,2 litres sur un essai de 1200 km. Si on isole la consommation sur autoroute on se rapproche des 6 litres, une donnée plutôt haute pour ce type de voiture.
Alfa Romeo Junior : que reste t’il de nos amours ?
En préambule je vous expliquais la dure mission confiée à cette Alfa Roméo Junior, la conquête. Objectivement cette auto est une bonne voiture, confortable, motorisée avec juste ce qu’il faut d’agrément et modérément gourmande en essence. Alors que lui manque t’il ? Du panache, ce petit brin de folie que l’on cherche chez Alfa Roméo, voire ce petit brin de défauts que l’on oublie grâce au brio de la motorisation. Cette Junior peut séduire grâce à ses lignes et son design, mais pour un Alfiste cela sera très compliqué de ne pas penser (avec nostalgie) au monde d’avant. Alfa Roméo doit clairement adopter une nouvelle stratégie pour survivre économiquement, le groupe Stellantis peut lui apporter cette opportunité par la mutualisation. Mais vraiment il ne faudrait pas grand chose pour en faire une vraie Alfa, peut-être une version thermique Quadrifoglio ? S’il vous plait, mettez lui un moteur digne de son badge et promis je serai conquis !
J’ai aimé :
- Personnalité
- Style intérieur
- Tarifs raisonnables
J’ai moins aimé :
- Motorisation juste suffisante
- Espace arrière








