Enfin un peu de chaleur dans le froid et la grisaille, je parle de cette chaleur qui nous anime, elle s’appelle passion. Elle est plurielle et trans-générationelle, et tous les ans, il y a un lieu, porte de Versailles, où nous pouvons communier ensemble. Cette année le salon Rétromobile se veut encore plus éclectique, il rassemble ce que l’on connait depuis désormais 50 éditions, mais avec un bonus, l’Ultimate Garage. Nouveauté à Rétromobile 2026, délocaliser les halls habituels, 1, 2 et 3, le show est désormais empilé sur 3 niveaux au hall 7, et au hall 4.
L’esprit et l’ambiance initiale pour bien commencer.
L’entrée se fait par le hall 7.1, et on arrive directement sur les marchands de pièces et d’outils, une ambiance « foire » qui rassure sur les ambitions de cette nouvelle mouture. L’esprit d’antan est là et bien là, des petits stands, des passionnés, ça sent la graisse et le cuir ! La pièce maîtresse de ce niveau se trouve plus au fond, le train automotrice de Bugatti animé par quatre moteurs de royales, un chef d’oeuvre monumental derrière lequel on retrouve un florilège de la marque, le tout emmené par le musée national automobile.
Véritable marqueur de l’évènement, la vente aux enchère est désormais assurée par Christies, je dois bien l’avouer c’est un petit pincement au coeur de ne plus voir la maison Artcurial. Le plateau de la vente est bien sûr sublime, bien que plus concentré. Je citerai une Talbot Lago « goutte d’eau », une Ferrari 250 SWB ou encore une Bugatti Atalante à la teinte originale comme pépites. Mais encore une fois, d’innombrables autres modèles sauront ravir les acheteurs.
Les constructeurs jouent le jeu
En un petit coup d’Escalator nous voici au niveau supérieur, le 7.2. Ici les constructeurs ont mis le paquet, comme Renault avec son immense stand dédié à la Clio, ou Peugeot avec son exposition de 205 GTI et T16. Certes ils en profitent pour placer une moderne mais on ne leur en voudra pas, car les voitures mises en avant sont les anciennes, comme chez Porsche qui expose de rares légendes, 964RS, 919 ou encore 924GT. Le Cayenne électrique est bien là mais au fond du stand, en toute discrétion. BMW mélange avec maestria l’art contemporain et l’automobile de course avec son exposition ArtCars, les célèbres voitures décorées par Calder ou Andy Warhol. Autre ambiance chez DS qui dévoile les voitures présidentielles, de Charles De Gaule à l’actuel président, les modèles spécifiques sont impressionnants et rappellent que la France fut aussi un pays capable de concevoir des modèles de luxe pour les puissants.
Une autre partie héberge les vendeurs de miniatures, de livres, d’oeuvres d’art, ici encore l’esprit Rétromobile est bien préservé.
3ème niveau ou 7ème ciel ?
Le niveau 7.3 est celui de la démesure, celui des marchands. On ne va pas se le cacher mais tous les ans c’est la même chose, les stands des vendeurs rivalisent à coup de qui aura les voitures les plus folles. Cette année encore le plateau est tout simplement extraordinaire, à tel point qu’une Ferrari F40 passerait presque inaperçue. Une Ferrari 250 GTO 1963, une Aston Martin DB4 GT Zagato, le ton est donné. Impossible de citer tous les marchands et d’ailleurs ce ne sont pas eux que nous sommes venus voir, mais leurs autos. Vous voulez une Ferrari Daytona ? Ca tombe bien il y en a plusieurs, mais je choisirai cette spectaculaire livrée violette (couleur usine), tout comme la BMW M1 non loin violette également. Pour parfaire une collection il faut avoir l’ensemble des Ferrari exclusives, alors oui on peut les acquérir, dans le bon ordre, 288 GTO, F40, F50, Enzo, LaFerrari, LaFerrari Aperta et tant que nous y sommes je rajouterai cette 275P qui a gagné deux fois Le Mans… A quel prix ? Allons, nous ne sommes pas là pour parler d’argent, c’est vulgaire !
Revenons sur terre, les voitures à moins de 30 000 euros
Le Hall 4 abrite une exposition permettant de faire son petit marché avec 30 000 euros dans le porte monnaie. Les vendeurs ont (enfin) bien joué le jeu et plusieurs pépites ont attiré mon attention. Ma « best » sera une Mercedes 280ce de 1981, ce joli coupé dans sa couleur bleue était en très bel état intérieur et extérieur, avec ce petit plus qui faisait les Mercedes de l’époque, la qualité à tous les étages. Affichée à 9 900euros je lui aurais bien fait une petite place dans mon garage. Au détour d’une allée on ne peut pas louper ce vaisseau amiral anglais, une Rolls Royce Silver Spur au pédigrée royal. Avec son châssis rallongé, sa séparation chauffeur, elle appartenait à l’Emir du Quatar pour ces déplacements parisiens. Se prendre pour un émir pour à peine 28 000 euros, voilà qui n’est pas donné à tout le monde. Autre coup de coeur, cette petite BMW série E21, une 323i avec sa couleur verte originelle, sa calandre requin, ses quatre feux ronds, un vrai bonbon de 1979. La classe à la française n’est pas en reste, CX GTI, R30 ou 505 gti se montraient sous leur plus beau jour, et toujours à moins 30 000 euros voire pour certaines en dessous des 20 000.
Venez vite, il y en aura pour tout le monde !
2026 est une année de changement certes mais heureusement pas de bouleversements, Rétromobile évolue mais en bien. Cette nouvelle disposition est plutôt une bonne idée, chaque étage à son thème majeur, et chacun pourra flâner dans son univers de prédilection. Toutes les générations y trouveront également leur compte, avec la présence des supercars de l’Ultimate Garage. Rétromobile 2026 devient au fil des ans un salon incontournable du paysage automobile, et pas que des anciennes voitures. Si votre moteur est la passion alors il faut y aller vite, vous en reviendrez avec des étoiles plein les yeux et pourquoi pas avec une nouvelle auto dans le garage.













