Vingt-sept ans déjà. En 1999, la première génération d’Audi A6 Allroad (la fameuse C5) débarquait sur nos routes avec sous le capot de sacrés morceaux : des V6 TDI, du V6 Biturbo et même ce bon vieux V8 4.2L atmosphérique. Après les générations C6, C7 et C8, voici que déboule la cinquième mouture de ce break baroudeur qui refuse obstinément de mourir face au rouleau compresseur des SUV.
Vidéo Audi A6 Allroad (2027) C9 : le match entre le moteur V6 TDI 299 ch et e-hybrid de 367 ch
Je viens de passer un week-end complet au volant de cette nouvelle Audi A6 Allroad (2027), et croyez-moi, il y a des choses à dire. La grande question, c’est évidemment de savoir si ce break surélevé enterre définitivement un mastodonte comme le Q7. Et surtout, quel choix faire entre le traditionnel V6 3.0 TDI et la nouvelle déclinaison hybride rechargeable TFSI e.
Découvrez mon essai complet et dynamique en vidéo ci-dessous avant de passer au bilan détaillé :
Un design de baroudeur qui assume ses mensurations
Visuellement, impossible de la louper. Avec ses 5,01 mètres de long pour 1,50 mètre de haut et un empattement généreux de 2,93 mètres, elle impose le respect. Mais ce qui frappe le plus, c’est sa largeur : 1,98 mètre, soit 111 millimètres de plus qu’une A6 Avant classique. Ajoutez à cela des voies élargies à l’avant comme à l’arrière et une garde au sol grignotée de 34 millimètres, et vous obtenez un look ultra-musclé qui préfigure clairement la future RS6.
D’ailleurs, si vous partez à l’aventure dans le désert (ou plus simplement au camping), Audi propose en option un panier de toit pour y caser roue de secours et matériel. Le hic ? Il coûte la modique somme de 2 160 euros. Quitte à partir à l’aventure, autant opter pour une bonne vieille chambre d’hôtel, mais l’option a le mérite d’exister pour les plus jusqu’au-boutistes.

Diesel vs Hybride : le match des contraventions… et des moteurs
C’est là que les choses deviennent intéressantes. D’un côté, on a le bloc noble, le vrai, celui qu’on attend sur ce type de routière : le V6 3.0 TDI de 299 ch et 580 Nm de couple. De l’autre, l’hybride rechargeable TFSI e-hybrid de 367 ch, qui mise sur sa polyvalence et son absence de malus CO2.
Et c’est là que je vais probablement me faire incendier par les puristes : l’agrément de conduite le plus bluffant est à mettre au crédit de la version hybride. À basse vitesse et lors des relances, le boost électrique fait des merveilles. C’est souple, ultra silencieux, et l’agilité ressentie surpasse le diesel.

Mais attention au piège de l’autonomie. Une fois que la batterie de 25,9 kWh est vidée, vous vous trimballez un bébé de 2,2 tonnes propulsé par un simple 4-cylindres essence. Résultat : la consommation s’envole facilement au-dessus des 10 litres aux 100 km. Couplé à un petit réservoir de 46 litres, vous ne irez pas bien loin (comptez environ 450 km). Le pompiste du coin deviendra vite votre meilleur copain.
À l’inverse, si vous tractez lourd (jusqu’à 2,5 tonnes) ou que vous enchaînez les kilomètres sur autoroute sans vouloir vous arrêter toutes les deux heures, le V6 TDI et son grand réservoir de 60 litres restent la valeur sûre pour franchir allégrement le cap des 1 000 km d’autonomie… quitte à s’acquitter d’une facture de malus en France qui frôle l’indécence.

Sur la route : le confort de l’Air Suspension et le duel face au Q7
De série, cette A6 Allroad embarque l’Adaptive Air Suspension. Avec sa plage de réglage de 55 mm, le mode Offroad permet d’encaisser les chemins creux, la boue ou la neige sans broncher.
Alors, faut-il préférer ce break à un SUV comme l’Audi Q7 ? Franchement, le match est serré. Le Q7 offre cette fameuse position de hauteur dominante et un volume logeable géant. Mais l’A6 Allroad garde un centre de gravité plus bas. Le comportement routier est donc bien plus proche d’une grande berline dynamique que d’un armoire à glace sur roues, tout en consommant moins sur autoroute grâce à un bien meilleur profil aérodynamique.

Habitabilité et coffre : le vrai point d’arbitrage entre Diesel et Hybride
Quand on achète un grand break de 5 mètres de long, l’habitabilité et la capacité d’emport ne sont pas des détails : c’est le cœur de la promesse.

À bord de cette nouvelle Audi A6 Allroad, l’espace aux places arrière est tout simplement royal. Grâce à un empattement généreux de 2,93 mètres, les passagers arrière profitent d’un dégagement aux jambes particulièrement confortable et d’une garde au toit suffisante pour voyager sur des centaines de kilomètres sans sentiment d’étouffement. La banquette est accueillante et l’ambiance cossue en fait une fantastique machine à voyager à quatre ou cinq.
En revanche, au moment d’ouvrir le hayon, la motorisation choisie va directement impacter vos capacités de chargement. C’est l’un des arbitrages majeurs de cet essai :
- Sur la version V6 3.0 TDI (Diesel) : Le coffre offre un volume très généreux de 466 litres sous la tablette, pouvant grimper jusqu’à 1 497 litres une fois la banquette arrière rabattue. Le plancher reste bien plat et permet d’empiler sans contrainte valises, sacs de sport ou matériel d’aventure.
- Sur la version TFSI e-hybrid (PHEV) : L’intégration du pack batterie de 25,9 kWh sous le plancher de coffre fait inévitablement payer son tribut. Le volume disponible chute à 404 litres en configuration 5 places (soit 62 litres en moins que sur le diesel, l’équivalent d’une valise cabine oubliée sur le quai !). Une fois tous les sièges rabattus, le volume maximal plafonne à 1 445 litres (-52 litres).
Si l’écart peut sembler mesuré sur le papier, dans la vraie vie de tous les jours et lors des départs en vacances en famille, ces 62 litres perdus sur l’hybride rechargeable comptent. Si vous cherchez la capacité d’emport maximale sans vous poser de question, le V6 TDI conserve ici un avantage pratique indéniable.

Consommations et autonomies réelles : deux mondes sur autoroute
Au-delà des fiches techniques, c’est bien l’épreuve de la route qui départage ces deux visions de l’automobile. Et sur ce terrain, le comportement de chaque motorisation est radicalement opposé.
- Côté Diesel (V6 3.0 TDI) : C’est la constance incarnée. Avec sa consommation mixte homologuée autour des 6,4 L/100 km et son généreux réservoir de 60 litres, le bloc mazout avale les kilomètres sans sourciller. Sur autoroute à 130 km/h stabilisés, le V6 ronronne à bas régime et permet d’atteindre, voire de dépasser, la barre des 1 000 kilomètres d’autonomie avec un seul plein. Pour les gros rouleurs qui enchaînent les déplacements professionnels ou les grands transits autoroutiers sans vouloir calculer leurs arrêts, c’est une sérénité totale.
- Côté Hybride Rechargeable (TFSI e-hybrid) : La partition est double. Batterie pleine, le mode 100 % électrique permet d’encaisser jusqu’à près de 99 kilomètres d’autonomie en usage urbain et périurbain, offrant un silence de fonctionnement royal au quotidien. En revanche, dès que l’on prend l’autoroute et que la batterie se vide, la donne change : le petit réservoir de 60 litres (et l’efficience moindre d’un 4-cylindres thermique sollicité sur un break de plus de 2,2 tonnes) fait rapidement grimper la facture énergétique. Batterie à plat, la consommation s’envole facilement au-dessus des 10 litres aux 100 km, réduisant l’autonomie réelle globale à environ 450 kilomètres.
En clair, le V6 TDI reste l’arme absolue pour voyager loin d’une traite sans se poser de questions, tandis que l’hybride rechargeable demande d’avoir la rigueur de brancher quotidiennement sa voiture pour exploiter son plein potentiel sur les petits et moyens trajets.

Prix et malus en France : l’addition qui fait mal (surtout en diesel)
Parlons budget, car c’est là que le piège fiscal français se referme brutalement. De premier abord, les tarifs catalogue affichés par Audi semblent plutôt serrés entre les deux déclinaisons : l’hybride rechargeable TFSI e-hybrid démarre à 87 200 €, tandis que le V6 3.0 TDI s’affiche à partir de 89 000 €. Un écart minime de 1 800 € qui pourrait laisser croire que le choix est purement mécanique.
Sauf qu’en France, la réalité de la carte grise change totalement la donne :
- Pour le V6 3.0 TDI (Diesel) : Entre ses émissions de CO₂ (entre 156 et 167 g/km) et son poids de 2 195 kg sur la balance, la facture s’envole. Comptez un malus écologique oscillant entre 5 700 € et 15 730 € selon les équipements, auquel vient s’ajouter un malus au poids salé d’environ 13 800 €. Résultat : les punitions fiscales accumulées font grimper la taxe à elles seules au-delà des 20 000 € à 29 000 €, faisant littéralement exploser le prix final à l’immatriculation.
- Pour le TFSI e-hybrid (PHEV) : L’hybride rechargeable profite à plein des règles d’homologation. Le malus CO₂ tombe à 0 €, et le malus au poids bénéficie d’un abattement lié à la batterie, plafonnant la taxe autour des 10 400 €.
Financièrement, l’écart à la sortie de concession ne se compte plus en centaines d’euros, mais en dizaines de milliers d’euros. En France, le choix de la raison budgétaire et d’entreprise s’orientera donc quasi obligatoirement vers la version hybride rechargeable, laissant le noble V6 TDI aux seuls passionnés ou gros rouleurs prêts à assumer le coût de l’exception.

Bilan et avis global
Si l’on devait résumer cette mouture 2027 en quelques mots, voici ce qu’il faut retenir :
- Ce qu’on adore : Le look de baroudeur bodybuildé, le confort royal de la suspension pneumatique, la polyvalence de l’hybride en ville et l’autonomie XXL du V6 TDI.
- Ce qu’on aime moins : Des tarifs de base déjà salés (à partir de 87 000 € minimum), un poids qui dépasse allègrement les 2,1 tonnes, et une fiscalité française assassine pour le diesel.
En clair, l’hybride cochera toutes les cases pour un usage mixte et urbain défiscalisé, tandis que les gros rouleurs traditionnels devront serrer les dents (et le portefeuille) pour s’offrir le V6.
Et vous, vous positionnez comment ? Plutôt team V6 Diesel ou team Hybride Rechargeable ? Lâchez vos commentaires sous la vidéo !
Bilan de notre essai : Audi A6 Allroad C9 2026
L'Audi A6 Allroad 2026/2027 C9 conserve un centre de gravité plus bas, offrant un dynamisme en virage et une tenue de route bien plus proches d'une berline de grand tourisme. Sa consommation aérodynamique sur autoroute reste également inférieure à celle d'un gros SUV. Pour les gros rouleurs, la motorisation V6 TDI est recommandable mais sanctionnée d'un revers par le Malus français fortement dissuasif,
On a aimé
- Son look musclé atypique
- Le confort et l'agrément de conduite
- Sobriété du moteur V6 diesel
- La douceur et l'agilité du PHEV
On n'a moins aimé
- Volume de coffre décevant
- Poids conséquent proche des 2 tonnes
- Tarifs très élevés + malus conséquent
- Autonomie & Consommation
- Habitabilité & volume de coffre
- Confort & Agrément de conduite
- Technologie & Recharge
- Tarifs & options







